13 heures de visite, huées, annonces... Que retenir de la visite d'Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture ? | TF1 INFO

LCI - 25/02
[VIDÉO] Le président de la République s'est rendu samedi matin au Salon de l'Agriculture. Dès son arrivée à 8h, des dizaines de manifestants l'ont accueilli sous les huées. Après une réunion et un débat avec des syndicats, le chef de l'État a finalement inauguré l'événement... Non sans mal. - 13 heures de visite, huées, annonces... Que retenir de la visite d'Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture ? (Politique) - TF1 INFO

Le président de la République s'est rendu samedi matin au Salon de l'Agriculture.
Dès son arrivée à 8h, des dizaines de manifestants l'ont accueilli sous les huées.
Après une réunion et un débat avec des syndicats, le chef de l'État a finalement inauguré l'événement... Non sans mal.

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Le Salon de l'Agriculture 2024 sous haute tension

Le sourire qu'il affichait à son arrivée n'aura pas duré. Samedi 24 février au matin, Emmanuel Macron s'est rendu à la 60e édition du Salon de l'Agriculture mais, sans surprises, l'accueil qui lui a été réservé par certains n'a pas été des plus chaleureux. 

Huées, sifflets et slogans "Macron démission" ont rythmé cette visite très particulière. Malgré la contestation, Emmanuel Macron a tenu son planning et fait tout ce qu'il avait prévu de faire sur le site, non sans mal. Retour sur une visite d'une durée de 13 heures pour le moins mouvementée et d'un point de vue de l'ambiance, inédite. 

Une arrivée remarquée

Ils l'attendaient de pied ferme et certains avaient même passé la nuit sur place pour le rencontrer. Postés devant l'entrée, des dizaines de manifestants voulaient voir le président de la République dès son arrivée. Mais à la dernière minute, le chef de l'État, conseillé par ses services de sécurité et le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a décidé de pénétrer dans l'enceinte du hall 1 par une autre entrée que celle prévue.

En réaction, des centaines de personnes menées par des agriculteurs de la FNSEA, des Jeunes Agriculteurs et de la Coordination rurale ont forcé l'entrée du parc des expositions parisien de la porte de Versailles malgré un dispositif de sécurité particulièrement important. Ils ont fait irruption dans le hall principal, le hall 1, celui des animaux et le plus visité, déclenchant des heurts avec les forces de l'ordre. Dans le même temps, vers 8h, Emmanuel Macron s'entretenait à l'abri, au 1er étage, avec les responsables syndicaux agricoles.

L'image restera de CRS et gendarme mobiles casqués et boucliers en main tentant de contenir des agriculteurs en colère qui agonissent le président d'injures ("fumier", "menteur") et demandent sa démission.  La situation était "hors de contrôle", a déclaré alors auprès de l'AFP le secrétaire national Alliance des CRS et ancien responsable de groupes de sécurité du président et du Premier ministre, Johann Cavallero. D'autres présidents ont dû affronter au Salon sifflets, huées et bousculades, comme Nicolas Sarkozy ou François Hollande. Mais sans commune mesure avec les événements de samedi.

L'ouverture du Salon retardée

La pagaille et les violentes bousculades à répétition, ont en tout cas retardé l'ouverture du salon aux visiteurs, et fortement compliqué pour les visiteurs l'accès au hall le plus couru, celui des animaux, théâtre des empoignades avec les forces de l'ordre et des huées. Ainsi, l'ouverture prévue initialement à 9h a été décalée à... 10h30 avec une foule de gens patientant dans le froid à l'extérieur. Du jamais vu.

Dans le même temps, les équipes du chef de l'État réfléchissaient à la suite à donner à cette visite. Emmanuel Macron pourrait-il, ou non, inaugurer comme prévu le salon en coupant le ruban rouge et en déambulant dans les allées ? Jusque tard dans la matinée, le suspens a duré. 

Des annonces dans la matinée

La solution a été trouvée. Après la réunion de 8h, le président de la République s'est prêté à un exercice improvisé : un débat avec les agriculteurs dans une salle en retrait, toujours à l'étage du hall 1. Pendant plus de deux heures, le chef de l'État a écouté les doléances et revendications de professionnels lui soumettant leurs problèmes quotidiens : concurrence, prix d'achat de leur produit, difficultés administratives... 

Devant eux, Emmanuel Macron a répété qu'il avait pris 62 engagements en réponse au mouvement qui a éclaté le 18 janvier. Il a également annoncé notamment un "plan de trésorerie d'urgence" pour soulager les agriculteurs, avec des réunions dès lundi et des "prix planchers" qui seront fondés sur les indicateurs de coût de production sur lequel chaque filière (volailles, lait, viande bovine...) a dû se mettre d'accord pour objectiver les coûts de production des agriculteurs. 

À la tête de la FNSEA, Arnaud Rousseau a reconnu plus tard sur LCI un "certain nombre d'avancées dont nous nous réjouissons". "Il fallait probablement qu'on passe par ce moment de colère", a-t-il estimé. La FNSEA se montre sceptique sur la perspective de  "prix planchers", saluée à l'inverse par la Confédération paysanne. "D'une région à l'autre, on n'a pas les mêmes charges (...) le prix minimum on n'en veut pas parce que sinon ça nous bloquerait le prix vers le bas et finalement nous ramènerait vers un Smic agricole", a expliqué sur TF1 un des vice-présidents de la FNSEA, Luc Smessaert.

Puis Emmanuel Macron a donné rendez-vous aux représentants syndicaux d'ici trois semaines, après le Salon, qui durera jusqu'au 3 mars.

Et finalement... une inauguration et déambulation

Après ce long échange, le président de la République a annoncé peu après midi qu'il inaugurerait bien le Salon, que le calme soit revenu dans les allées... ou pas. 

Entouré des hommes du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), le chef de l'État a donc bien coupé le cordon rouge du Salon, avant de se déplacer sur les différents stands et d'échanger avec leurs exposant...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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